Industrie pharmaceutique: Déficit de mesures concrètes pour tenir un pari louable

Économie des filières

Les dépenses pharmaceutiques sur le continent devraient atteindre trente (30) millions de dollars US entre 2013 et 2016. Une belle perspective pour les pays du continent disposant d’une industrie pharmaceutique compétitive.

Selon la Banque africaine de développement (BAD) « le secteur pharmaceutique africain devrait connaître, au cours des prochaines années un boom sans précédent ». Il est estimé, à cet effet, que les dépenses pharmaceutiques sur le continent devraient atteindre les trente (30) millions de dollars US entre 2013 et 2016. Et cette perspective incline à penser que le gouvernement ivoirien a vu juste en faisant l’option, dans son programme économique et financier pour 2015 et à moyen terme, de « développer des services médicaux et pharmaceutiques de production de médicaments génériques pour faire de la Côte d’Ivoire un hub pour les services hospitaliers en Afrique subsaharienne ». Une ambition, somme toute légitime, le secteur privé de la santé en Côte d’Ivoire pouvant se targuer de disposer d’un des meilleurs plateaux techniques de la sous-région ouest africaine.

Au-delà de la belle intention…

Les médicaments représentent en moyenne entre 60% et 70% des dépenses de santé en Afrique. Et, quoique le marché pharmaceutique africain n’équivaille qu’à 2% du marché global, sa croissance n’est pas moins la plus importante du monde. « Pour que l’industrie pharmaceutique ivoirienne tire parti de cette de cette dynamique de croissance, il faut, plus qu’une simple belle intention, -soit-elle consignée dans un document officiel-, créer les conditions de son développement et de sa compétitivité » soutient la FNISCI.

En effet, passant au crible le projet d’annexe fiscale pour la gestion 2016, actuellement sur la table des députés, la FNISCI note que « n’y figure aucune mesure en faveur de l’industrie pharmaceutique nationale ou du secteur de la santé privée qui traduirait une ferme volonté du gouvernement de donner forme à son ambition affirmée de faire du pays un hub sous régional de services hospitaliers ». Et pourtant « ce n’est pas faute de suggestion, à l’Administration, de mesures allant dans ce sens » déplore-t-elle.

… Un régime fiscal spécial pour l’industrie de la santé

Pour la principale organisation professionnelle du secteur industriel, cela ne fait l’ombre d’aucun doute, « la Côte d’Ivoire voudrait être le "hub pour les services hospitaliers" proclamé, qu’elle ne peut faire l’économie d’un régime fiscal spécial pour l’industrie pharmaceutique de production de médicaments et le secteur privé de la santé ». En matière de capacités nationales de production de médicaments génériques, par exemple, la Côte d’Ivoire est largement devancée dans la sous-région ouest africaine par le Nigeria et le Ghana. « Le Nigeria compte plus de 150 unités de production qui assurent la couverture d’un peu plus de 50% des besoins nationaux. Et pour favoriser leur développement, le gouvernement a tout simplement interdit l’importation de certains médicaments tels que le paracétamol, Chloroquine, Métronidazole, Aspirine, pénicilline pommade… privilégiant leur production localement. Au Ghana, on dénombre plus d’une

trentaine d’unités de production couvrant un tiers (1/3) du marché local. Comparativement en Côte d’Ivoire, il existe seulement 5 unités de production dont la part du marché national n’excède guère 8% » relève, la FNISCI.

 

www.fnisci.net

 

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