Endettement des pays africains

Économie et Finance

La dette extérieure de plusieurs pays d’Afrique à rapidement augmenté au cours des dernières années. Cet état de fait commence à inquiéter institutions financières multilatérales, analystes et même les décideurs.

Une décennie après avoir vu le fardeau de leur dette largement allégé au travers des initiatives en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et d’allègement de la dette multilatérale (IADM), un nombre croissant de pays d’Afrique affichent, déjà, des états d’endettement qui inclinent à craindre qu’ils retombent dans la trappe de la dette.

En effet, surfant sur leur meilleur accès aux marchés financiers internationaux, en raison de la croissance économique vigoureuse enregistrée par le continent au cours des dix derniers années, certains de ces pays ont lancé des émissions obligations souveraines qui ont été plus que bien accueillies. A eux 13, la Côte d’Ivoire, les Seychelles, le Rwanda, la RD Congo, la Tanzanie, le Sénégal, la Namibie, le Nigeria, le Kenya, l’Angola, la Zambie, le Gabon et le Ghana, ont émis pour 25 milliards de dollars US d’emprunts obligataires internationaux entre 2006 et 2016 qui se sont soldés par la levée d’un capital total de 35 milliards de dollars US.

L’endettement extérieur, pas un problème mais…

Bien que l’endettement extérieur ne soit pas en soi un problème et même que les ratios d’endettement extérieur enregistrés en Afrique sont considérés comme plutôt gérables, la haute rapide desdits ratios dans plusieurs pays à de quoi préoccuper. Et pour cause, le contexte économique et financier international est marqué par un resserrement des conditions de crédits et une chute durable des cours de certaines matières premières qui affecte déjà sérieusement les ressources budgétaires de ces pays.

D’ailleurs certains pays du continent font face déjà à des difficultés de remboursement de leur dette. C’est le cas du Ghana confronté à une baisse drastique de ses recettes du fait de la chute du cours de ses principaux matières premières ou encore de la RD Congo ou encore des Seychelles.

La Côte d’Ivoire devra être prudente

Si elle est loin de cette situation, la dernière analyse de la viabilité de sa dette réalisée par les services du Fmi ayant conclu à « un risque de surendettement modéré », la Côte d’Ivoire n’a pas moins été appelée à « une surveillance attentive de l’accumulation de sa dette extérieure, en particulier non concessionnelle ». Et prescription lui a été faite que ses « nouveaux emprunts reflètent une gestion prudente de la dette » et « d’éviter une concentration excessive des échéances au milieu des années 2020 ».

Face à la menace réelle qu’ils replongent dans une crise de la dette, les pays africains sont invités à « diversifier la structure de leur économie, renforcer la mobilisation des ressources intérieures et à améliorer le climat des affaires ».

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